Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 16:17

Je vais faire tourner - comme à une fatma -
tes pigments délavés aux couleurs du magma.
Hâtes-toi, le feu gronde et il n'attend qu'une grue !
Je serai comme une sonde : ne charriant que ciguës.

Avant les réjouissances survient l'amour d'un frère :
il s'agit, en cadence, de cingler sans manières.
Je te lynche comme une bête, loin des douces pénitences
des salopes que l'on traite en timides violences.

Certains les aime chaudes, je les aimes enflammées
et saurai, saligaude, tes échasses brûler.
Les yeux torves j'épie ta toison moricaude
pour y voir, cramoisies, perler mille émeraudes.

J'accouche mon bûcher, le show peut commencer :
les ongles de tes pieds commencent à se tasser.
Tes hurlements d'enfant font grandir mon saoul,
il faudra un moment pour qu'il ne soit plus foule.

J'ai collé peu de poix au dessus du nombril,
en ceci est ma loi - elle me rend tout fébrile - :
quand le feu ne mord pas sur le corps tout entier,
la mort ne surviendra qu'après s'être trainée.

Je grave de mon tison, en grands caractères,
les signes de mon nom sur ton front encore clair.
Les flammèches rougissent vos métaux annulaires
quand il grouille à tes cuisses de pisseuses affaires.

A ta vulve roussie mon tarin s'est réjouit
d'inhaler à la chair aussi plaisant calvaire.
Prodigieux, c'est le mot qui me grimpe aux naseaux.
Le prochain ? L'appétit : rien ici n'a fini.

Je vais me mettre à table, car passé le brasier
mes caresses affables auront un goût d'acier.
J'abandonne le goudron et tombe la gazoline
pour rincer tes lésions de vinaigre et d'urines.

Ne crois pas, satanée, ces vers une nouveauté :
bien deçà ces derniers j'ai couché trois armées.
Ressens-tu mes chardons remonter ton rachis ?
C'est la stimulation de la pyrotechnie.

Par Jojo D. - Publié dans : Vers
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 18:48

Nous étions jeunes épris et rendions tour à tour
quelques communs intérêts pour le mot "toujours."
L'on s'exerçait, bretteurs, à nous faire la cour,
nous échangions nos rhumes d'une langue de velours.

Nous étions doux pinçons au dessous des vautours,
gazouillant, au nichoir, plus haut que les tambours.
Vous, mandrill en plein drill, vous hurliez comme un sourd
en rendant en mon lieu l'hommage de vos bravoures.

 

"Entre nous deux le coeur est gros et je ne veut
pas leur laisser saisir mon bonheur aux cheveux."


Poulets noirs caquetants, insolents des basses-cours,
marqués par nos élans : obscènes brandebourgs.
Nos baisers agaçaient de bien tristes balourds...
au milieu du raca, il fallu nos humours.

 

Amants destinataires d'acrimonieux discours :
"Hitler avait bien fait, vous méritez le four !"
Au mordant de ces mots, lancés sur nos amours,
ces impolis piétons ne dirent même pas bonjour.

 

"Entre nous deux l'âtre est brûlant - et pas qu'un peu -
l'inquisition encore n'a pas éteint son feu."

Nous trouvions bien des braves, aux lacets du parcours,
qui avaient l'obligeance, témoins de nos mamours,
de ne jamais rien en dire sinon d'heureux jours.
Ces âmes là, sans un geste, volaient à nos secours.

Nous sortions de la couche, l'aube arrosait le bourg ;
les nocturnes et leurs suées étaient de beaux séjours.
En nudités plissées, nous passons nos atours...
en haleines saumâtres, nous nous aimons toujours.


"Entre nous deux le coeur est tel que l'on ne peut
plus caresser l'espoir de le prendre aux cheveux."

Par Jojo D. - Publié dans : Vers - Communauté : vos poèmes
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 21:28

D’agnelage honorable, un auteur after-shave,
armoiries familiales dans le fond des assiettes.
Cousu d'or au berceau, Porte-Glaive se soulève :
les belles nativités ont fait bien des ascètes.

Il avale de grands vins méconnus de nos scnacks
dans lesquels de l'or danse au milieu du roulis.
De la poudre, des rubis, dans maints pinces fesses orgiaques,
ne sauraient point manquer ses agapes nanties.

Le calmar de monsieur ébranle toutes croyances,
il résiste au système et nous fait la leçon,
ses pastiches suscitent d'infinies révérences...
je jouirai que sur l'homme on remette les lampions.

Prof incoutournable, il professe aux manants
d'innombrables échos de ses cogitations.
Remercions la culture, ce noble écrivaillon
de toujours nous pousser à croire aveuglément.

Importateur du vrai, le voilà qui arrive
ressasser sa vision, estimée nutritive,
en espérant peut être que l'on braie au credo
ou qu'on donne du mérite à son petit topo.

Aux diamants de son graal, j'aimerai du boucon,
amocher ces plagiats à grands coups de cestons
d'une fredaine jouissive qui n'est de tradition
qu'impulsions ignorantes nées de crasses fictions.


Car ces hommes méritent tant de plus suaves frictions
et valent très largement notre vénération.
Ces génies de notre ère ont des airs de génisse
et j'assène aux bovins un affreux préjudice.

 

"Il n'est dans les belles lettres ni cabale, ni factions.
Dans la ligue, tous les hommes jouissent du même fanion."
On sent presque toujours, en tenant mon discours,
ce répondant moqueur se teinter de fureur.

A remettre en question le bon sens voisin,
on se fait, pour un peu, des ennemis certains.

Par Jojo D. - Publié dans : Vers - pensées - Communauté : Virtual Niggers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 13:01

Marie, surette soeurette, caresse encore une fois
mon front halluciné, mes tripes en désarroi.
Je pense bien mériter de pleurer dans tes bras,
moi qui tu ces tracas que vous n'écoutiez pas.

Je me serai, crois moi, volontiers prostitué
pour un peu repousser votre départ précipité.
Je me suis tant renié et mis le feu au mobilier,
mes amours, mon passé, vois : ça n'est que ton frère.

Rien que moi et mes yeux que mes ires brûlèrent.
Au crépitement du feu, j'ai versé quelques pleurs
en pensant, comme aux morts, à mon frère et mes soeurs.
Mais qu'ai je eu en retour ? De l'huile sur mes humeurs.

Tu m'as tué Emilie, du bout du combiné,
j'étais en liesse, au bord des larmes en vérité
de t'entendre à nouveau et malgré la distance...
tu me semblais si loin, toi qui vivais en France.

Tu avais fait, ma belle, un mauvais numéro
et d'un bref "salut" m'amputa de tes mots.
J'en suis resté pantois, à chialer comme un con
sur le canapé que, jadis, nous partagions.

Te souviens tu, cadet, ma tête blonde préférée,
de nos complicités désormais enterrées
quand nous jouions, hagards, dans nos cabanes en bois ?
Pierrot, petit frérot, promet : ne m'oublie pas.

Car j'avoue, j'ai haïs, vos chroniques amnésies
furent assez pour renier tout l'amour désappris,
cela pousse à la rage, cela pousse au déni.
Je pardonnerai tout pour revivre en fratrie.

Je pourrais bien, au sol, me brûler dans l'alcool,
j'ai même pensé déjà à m'ouvrir les bras
si ceux là auraient pu tous les trois nous rallier,
mais je n'ai jamais cru que vous seriez resté.

Car vous n'avez jamais tenu l'odeur du sang,
vous qui n'eurent, petits ou jeunes adolescents,
jamais reçu aucun des secs traitements
qui mirent un peu de rock dans mes années d'enfant.

Et pour ça j'ai rêvé, quitte à finir au violon,
à vous faire bouffer du charbon, des tisons.
Mais j'avais mes raisons pour glisser du boucon
dans votre souvenir jeté du haut des ponts.

Le beffroi de la haine qu'est mon corps rachitique
semble voué à se tuer en rumeurs électriques
et si l'amour est mort dans mon coeur et mes tripes,
son fantôme parfois vient ranimer mes lippes.

Sur le dos d'une planche, j'ai collé vos minois,
sur ces papiers glacés j'ai sangloté parfois.
Je la tournai, c'est vrai, pour n'y plus vous revoir
mais revenais à vous à la tombée du soir.

Vous me manquez, ce soir, et je boirai pour vous :
à toi qui t'es mariée et vous, désormais étrangers.
Franc, je boirai à cet inconnu, cet époux,
en souhaitant, Emilie, qu'il exalte ta féminité.

Tout au fond, je vous aime, en tout cas, je le crois
car vos voix me reviennent et lacèrent parfois.
Et j'espère que vous garderez mémoire, alors,
de ce type que j'étais quand vous m'aimiez encore.

Par Jojo D. - Publié dans : Vers - pensées - Communauté : Virtual Niggers
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 01:27

Qu'ils soient nippé d'esprit, qu'ils soient humbles taquins
ou qu'ils cognent dans l'eau comme les branches d'un saule,
mes croquis ne sont voués aux oeillades d'aucun...
je n'aime point qu'on les lise par dessus mon épaule.

Embarras des formules encore peu travaillées
- trahison de mes tripes, grandes peurs du raté -,
j'ai toujours eu en rage que l'on viole mes chantiers.
Soyez bons, vous alors, gardez vous d'y toucher !

 

 

 

 
A ces proches curieux qui m'hérissent parfois.

Par Jojo D. - Publié dans : Vers - pensées - Communauté : Virtual Niggers
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 5 juillet 2011 2 05 /07 /Juil /2011 00:31

Vas pieds nus, toi mon frère, pour visiter mes terres,
car tu marches sur mes rêves, sur mes ceps, sur ma vie.
Si celle ci te déplait, ne sois pas trop sévère...
je ne gâte pas tes vignes, souviens t'en, mon ami.

Autour de mon jardin, j'ai dressé quelques haies,
ne cogne pas mon arbre - bien aimé sigisbée -
et ne beurre pas mon oeil : je m'en sers pour l'aimer.
Cela manque de sérieux, cela manque de paix.

Car je n'ai pas pour but d'offenser tes valeurs :
si tu n'hume qu'aux roses, je te souhaite cent bosquets,
mon amour pour les choux n'en sera pas changé.

Mes couleurs sont les miennes, je les porte à mon coeur.
Ton hygiène, elle, est tienne, l'eau dans ton bassinet,
je n'y boirais pas plus que tu goûtes mes vergers.

Par Jojo D. - Publié dans : Vers - pensées - Communauté : vos poèmes
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 15:17

La banlieue, l'apanage du péril ? Quelle idée !
Ce sont là des pensées d'alarmistes faussés.
Trente ans maintenant qu'on déguise ses ires
et bien plus aujourd'hui qu'on étouffe son cri.

Elle se tue et pallie, au bitume du ter-ter,
à l'infâme castration de lendemains mourants
comme à la pauvreté fustigeant les familles.
Car ses crimes, de toujours, n'ont été que symptômes.

Elle qui pleure, légitime, les vannes qu'on a fermées
des locaux de plaisance, des services publics
et l'ouverture abjecte de mas-des-secondes-chances
qui ne forment, au hasard, qu'une poignée de pékins.

Sale éden, florissant en grands blocs en béton,
n'hébergeant qu'immigrés et modestes culs blancs,
elle qui a dans ses rues quelques toits de carton
qui abritent, en hivers, des cadavres gelés.

Cette mère harassée observant ses enfants
se moquer et se tuer, les uns comme les autres...
ses couleurs, ses accents n'auront jamais fait d'elle
un immense bastringue où ne dansent que des frères.

Elle maudit, du fond des salles de garde à vue,
ceux jouissant de fortunes qu'ils n'ont pas remportées.
Elle qui, le coeur dehors, voudrait voir se livrer
une guerre improbable à des hères intouchables.

Elle qui se voit lourdée, et salie, et tronquée
par tous ceux qui jamais - grand jamais ! - ne l'on vue.
J'ai des tricards à l'oeil vomissant sa diction.
Moi je l'aime, ma banlieue, j'en suis un soupirant.

Par Jojo D. - Publié dans : Pensées - Communauté : Virtual Niggers
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Samedi 2 juillet 2011 6 02 /07 /Juil /2011 16:15

On écrit des fadaises, la tête dans le guidon,
cinoque à la française, on fait fondre le plomb.
On se fait un cinoche de malaises braillards.
Les mouches du coche, narcisses, noircissent leur fard.

Puisque tous déguisent les anales de leur vie
et se plaisent à passer plus souffrant que souffrant,
puisque tous font d'une larme un grotesque boucan :
les fantômes du passé ne me sont plus permis.

Ces grands gosses imbéciles ont de sanglants récits
qu'ils prostituent, inconscients d'en sortir souillés.
Ces blessés sans le sang ne sauraient plus me tuer
à toujours s'y complaire, hémophages grossis.

Là, gavroche grossit sa jeunesse gâchée,
son minois est froissé de colères usagées
et pour venger l’offense d’une enfance déçue :
il a bu de son fiel comme aux plus nobles crus.

On l'a cru, que la rage magnifiait son bonhomme,
ça s'en va, ça revient... tous chemins mènent à Rome
et si Rome veut de nous, pour ami, pour amant
nous pourrions être en paix, ne serait-ce qu'un instant.

Par Jojo D. - Publié dans : Vers - pensées - Communauté : Virtual Niggers
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés