Je vais faire tourner - comme à une fatma -
tes pigments délavés aux couleurs du magma.
Hâtes-toi, le feu gronde et il n'attend qu'une grue !
Je serai comme une sonde : ne charriant que ciguës.
Avant les réjouissances survient l'amour d'un frère :
il s'agit, en cadence, de cingler sans manières.
Je te lynche comme une bête, loin des douces pénitences
des salopes que l'on traite en timides violences.
Certains les aime chaudes, je les aimes enflammées
et saurai, saligaude, tes échasses brûler.
Les yeux torves j'épie ta toison moricaude
pour y voir, cramoisies, perler mille émeraudes.
J'accouche mon bûcher, le show peut commencer :
les ongles de tes pieds commencent à se tasser.
Tes hurlements d'enfant font grandir mon saoul,
il faudra un moment pour qu'il ne soit plus foule.
J'ai collé peu de poix au dessus du nombril,
en ceci est ma loi - elle me rend tout fébrile - :
quand le feu ne mord pas sur le corps tout entier,
la mort ne surviendra qu'après s'être trainée.
Je grave de mon tison, en grands caractères,
les signes de mon nom sur ton front encore clair.
Les flammèches rougissent vos métaux annulaires
quand il grouille à tes cuisses de pisseuses affaires.
A ta vulve roussie mon tarin s'est réjouit
d'inhaler à la chair aussi plaisant calvaire.
Prodigieux, c'est le mot qui me grimpe aux naseaux.
Le prochain ? L'appétit : rien ici n'a fini.
Je vais me mettre à table, car passé le brasier
mes caresses affables auront un goût d'acier.
J'abandonne le goudron et tombe la gazoline
pour rincer tes lésions de vinaigre et d'urines.
Ne crois pas, satanée, ces vers une nouveauté :
bien deçà ces derniers j'ai couché trois armées.
Ressens-tu mes chardons remonter ton rachis ?
C'est la stimulation de la pyrotechnie.
